L'Agence de Notation, un acteur polémique ? Une agence de notation est un organisme chargé d’évaluer la qualité d’un emprunteur. C'est donc dans cette perspective ...

C’est donc dans cette perspective qu’elle lui attribut une note, fruit d’une analyse détaillée centrée sur la capacité de l’emprunteur à faire face à ses engagements ; en d’autres termes, à rembourser sa dette. La note ainsi attribuée permet, à l’investisseur, d’avoir une indication précise du risque de crédit inhérent à une émission de dette et donc de déterminer le taux d’intérêt qui sera exigé au titre de rémunération de la créance. Leurs clients sont des Etats, des institutions financières, des entreprises, des collectivités locales, des véhicules d’investissement…qui paient pour que leur soit attribuée une note de crédit.
Après la crise de liquidité des banques, et avec maintenant la crise de la dette souveraine, les agences de notations sont au centre de toutes les attentions. En effet, on ne peut plus nier l’importance du pouvoir confié à ces acteurs privés.
Les différents intervenants du marché et les autorités publiques doivent désormais, mesurer l’impact des décisions des agences de notation, non seulement sur la sphère financière mais aussi sur l’économie réelle.
Si une réglementation spécifique encadrait déjà le fonctionnement interne des agences et les attributions de note, il apparaît évident au regard du contexte que ses insuffisances soient mises en exergue et des alternatives étudiées.
Ainsi, on peut s’interroger sur la légitimité d’un organisme privé à exercer une influence si importante sur le système financier et sur les risques de conflits d’intérêts que cela génère.
Aussi, peuvent se poser des questions sur la situation concurrentielle du marché de la notation…
Enfin, le modèle de rémunération des agences de notations « émetteur-payeur » est évidemment contestable. D’autres modèles pourraient être adaptés limitant par exemple le risque de conflits d’intérêts mais quel serait le gain réel de ce changement ? Les asymétries induites par le modèle existant disparaitraient-elles pour autant ?
Lors de la crise des « subprimes», il a été vivement reproché aux agences de notation leurs méthodologies de notation qualifiée de pro-cyclique. Qu’en est-il dans le cas de la crise des souverains qui fragilise l’Europe en ce moment même ?
Plus globalement, le débat sur la dépendance du système financier à des agences de notations externes est ouvert…
Mathilda Dubrail, Cyril Tabet et Michael Dahan